***Fox in the snow curiosités***

08 octobre 2008

La rencontre d'Alain Cavalier (1996)

Je n'ai pas l'habitude de parler cinéma, en fait je crois que je ne sais pas.

Je crois que je ne me suis pas assez interéssée au cinéma, pourquoi je ne sais pas.

J'ai eu la chance de rencontrer quelqu'un qui a révélé mon intérêt pour le cinéma. Avec lui, j'ai découvert Eric Rohmer notamment, et surtout ce documentaire...celui d'Alain Cavalier, La rencontre...ce documentaire est comparable à de la poésie.

L'histoire paraît ordinaire à première vue: un cinéaste (Alain Cavalier) rencontre sa femme. De manière légère et à la fois intense, il filme des petits moments de leur vie. On ne voit pas les protagonistes, seules leurs voix accompagnent l'inventaire de leur quotidien. On y voit des objets, des photos, des mirages de corps, des mirages de voyages, des poignets de portes, des oiseaux, des montres...Leurs deux vies racontées autour de ces objets et paysages.

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Ce documentaire est une sorte de chronique de couple. On rentre petit à petit dans leur intimité. Les images sont belles et profondes, je suis tellement émue à la vue de chaque objet sublimé par le cinéaste! Il filme sa femme de manière extraordinaire. Alain Cavalier se fait narrateur, j'écoute sa voix, sa voix est si belle, il  se rappelle de ses souvenirs, de ses sentiments, de ses doutes,...

La simplicité du film et le dépouillement visuel me touche. Il filme les mains, mon dieu que c'est beau, les pieds de sa femme, les visages sublimes de ses parents, les objets...ces petits moments de vie sont narrés comme des fables, des brèves...c'est beau. On se sent proche de ce couple. J'aime la manière dont ils se parlent, j'aime la naiveté de la femme du cinéaste, j'aime la manière dont il parle de son grand-père, j'aime la manière qu'il a de filmer les objets, les petites choses de la vie qui paraissent au premier abord insignifiante, mais qui en somme veulent dire énormément de choses. Souvent, on se moque de moi parce que j'aime les objets, j'en ai beaucoup, c'est vrai, mais chaque objet à pour moi une histoire...par exemple, à la mort de mon grand-père, je voulais absolument récupérer son chapeau, ce chapeau tout bête et sans intérêt pour les autres, est unique pour moi, il incarne  mon grand-père , il est mon grand-père...et ce film me rassure pour ça: je ne suis pas la seule à trouver du réconfort dans les objets...les objets sont les souvenirs. Bien plus que des natures mortes, les objets d'Alain Cavalier sont porteurs d'une histoire, d'une évocation, d'une idée, d'un moment, j'aime le passage où la femme du cinéaste mange un abricot et fabrique un sifflet avec le noyau, comme quand elle était enfant...j'aime le passage où Alain Cavalier se fait du thé en imitant son père, ce moment est magique!

Une femme, un homme, des moments de vie, une pure merveille qui m'a profondément touché.

Extrait de 24 portraits d'Alain Cavalier

Posté par cubbyhole à 20:07 - Cahier de Cinéma - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires

    Pour quelqu'un qui déclare ne pas savoir parler de cinéma tu te débrouilles plus que bien

    Te lire m'a fait pleurer (il faudra voir la suite : Le filmeur).

    Posté par hervé, 09 octobre 2008 à 23:40
  • Il faudra que tu me la donne la suite...

    Je voulais pas te faire pleurer.

    Posté par Cubbyhole, 10 octobre 2008 à 09:35

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